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Ce que nos addictions disent de nous

En cabinet, une chose revient systématiquement: l’addiction. Et très vite, le travail révèle autre chose : la douleur.

Car l’addiction n’est jamais le point de départ. Elle est le langage d’un système qui cherche à s’autoréguler.


L’addiction : une réponse adaptative, pas un échec personnel


D’un point de vue thérapeutique, un comportement addictif n’est pas un dysfonctionnement à corriger, mais une stratégie inconsciente de survie.

Qu’il s’agisse d’hyperphagie, d’addiction au sucre, d’alimentation émotionnelle — que je rencontre très majoritairement en accompagnement — ou d’autres formes de dépendance, le mécanisme est fondamentalement le même :le corps et le psychisme tentent de gérer une surcharge interne.


L’addiction vient :

  • réguler une émotion trop intense

  • calmer une insécurité intérieure

  • combler un vide

  • contenir une tension chronique

  • offrir un apaisement immédiat là où aucun autre outil n’existe encore


Elle fonctionne. C’est précisément pour cela qu’elle persiste.


Pourquoi l’alimentation devient un refuge privilégié


L’alimentation occupe une place particulière. Elle est accessible, socialement acceptable, rapide, et profondément liée aux circuits de récompense et de sécurité.

Chez les personnes souffrant d’hyperphagie ou d’addiction au sucre, la nourriture n’est pas vécue comme un simple apport énergétique, mais comme un régulateur émotionnel.

On ne mange pas trop. On mange pour tenir.

Et tant que la nourriture reste la seule réponse disponible face à la douleur, la compulsion n’a aucune raison de disparaître.


S’attaquer au symptôme renforce souvent le problème


Les approches centrées uniquement sur le contrôle alimentaire, la restriction ou la volonté placent la personne dans un rapport de lutte permanent.

Or, lutter contre une stratégie de survie sans proposer d’alternative plus sécurisante crée souvent :

  • plus de culpabilité

  • plus de honte

  • plus de perte de contrôle

  • et, paradoxalement, plus de compulsions


D’un point de vue thérapeutique, l’inconscient ne lâche jamais un comportement tant que la fonction qu’il remplit reste indispensable.


Changer la question transforme l’accompagnement


Le véritable changement commence lorsque l’on cesse de demander :« Pourquoi est-ce que je mange comme ça ? »pour explorer :« Qu’est-ce que cela m’aide à ne pas ressentir ? »

C’est dans cet espace que l’hypnose et la sophrologie prennent tout leur sens. Elles permettent d’accéder aux couches profondes où se sont installés les automatismes, sans forcer, sans revivre, sans culpabiliser.


Le travail ne consiste pas à supprimer la nourriture comme régulateur, mais à :

  • réinstaller une sécurité intérieure durable

  • développer d’autres modes d’apaisement

  • réparer la relation au corps

  • redonner à l’inconscient des choix plus ajustés

Lorsque la douleur est reconnue et contenue autrement, le comportement perd naturellement sa fonction.


L’addiction comme signal thérapeutique


Une addiction n’est pas une identité. C’est un signal.

Un indicateur précieux de ce qui, à l’intérieur, a besoin d’être entendu, sécurisé, accompagné.


Peut-être que ce texte fait écho à quelque chose de personnel. Peut-être aussi qu’il dérange, qu’il bouscule, ou qu’il met des mots là où, jusqu’ici, il n’y en avait pas.

Si une addiction est présente — alimentaire ou autre — il n’est pas nécessaire de la combattre immédiatement. Elle mérite d’abord d’être comprise. Écoutée. Respectée pour ce qu’elle a permis de traverser.

Changer de regard, c’est souvent le premier pas. Non pas vers le contrôle, mais vers plus de douceur, de sécurité et de justesse intérieure.

Et si aujourd’hui, au lieu de vous demander comment arrêter, vous commenciez simplement par vous demander :qu’est-ce que cela m’aide à supporter ?

Parfois, c’est dans cet espace là que quelque chose commence déjà à se transformer.


Quand la douleur est entendue dans un cadre sécurisé, les comportements n’ont plus besoin de porter seuls ce rôle...

 
 
 

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